Anomalie de l'œil du colley : dépistage et génétique
Mis à jour le 16/09/2026
L'anomalie de l'œil du colley se dépiste par un examen ophtalmologique à l'ophtalmoscope, réalisé par un vétérinaire formé, qui recherche une hypoplasie choroïdienne et d'éventuels colobomes ou décollements de rétine. Le statut génétique des parents, établi par un test ADN de la mutation NHEJ1, indique s'ils sont porteurs sains, atteints ou indemnes, ce qui oriente le choix d'un croisement. Un chien qui voit mal se suit avec des repères fixes à la maison et un accompagnement vétérinaire régulier.
Comment se dépiste l'anomalie de l'œil du colley ?
Le dépistage repose d'abord sur un examen du fond d'œil à l'ophtalmoscope, pratiqué par un vétérinaire habitué aux races de berger. L'ophtalmoscope permet d'observer la choroïde, cette couche vasculaire située sous la rétine. Chez un chien atteint, une partie de la choroïde peut manquer : c'est l'hypoplasie choroïdienne, la lésion la plus fréquente et la plus caractéristique. L'examen recherche aussi un colobome, une malformation localisée, et un décollement de rétine, plus rare mais plus grave.
Le diagnostic dépend de l'âge de l'animal. Chez le très jeune chiot, la choroïde n'est pas encore complètement pigmentée, ce qui rend certaines lésions difficiles à lire. Avec la croissance, la pigmentation évolue et une lésion d'abord visible peut sembler s'atténuer : c'est le phénomène de normalisation apparente. Un examen précoce ne dispense donc pas d'un contrôle plus tard, et la lecture attentive du certificat ophtalmologique compte autant que le résultat brut.
La tomographie en cohérence optique, plus récente, apporte une coupe fine des couches de la rétine. Elle complète l'ophtalmoscope dans les cas douteux. Pour un éleveur ou un propriétaire qui veut comprendre le vocabulaire des certificats et la gradation des lésions, le site l'anomalie de l'œil du colley rassemble en anglais des ressources vétérinaires détaillées sur ces points. En France, le dépistage officiel des races concernées passe par un examen réalisé dans le cadre d'un protocole reconnu, avec un certificat remis au propriétaire.
Que signifie le statut génétique des parents ?
L'anomalie de l'œil du colley est une maladie héréditaire de transmission autosomique récessive, liée à une mutation du gène NHEJ1 sur le chromosome 37. Un chien possède deux copies de ce gène. Trois statuts existent : indemne (deux copies normales), porteur sain (une copie mutée, une copie normale) et atteint (deux copies mutées).
Le porteur sain ne présente en principe aucun signe clinique, mais il peut transmettre la copie mutée à sa descendance. Deux porteurs sains mis ensemble ont une chance sur quatre, à chaque chiot, de produire un chien atteint. C'est pourquoi le statut des deux parents est déterminant : un accouplement entre un chien indemne et un chien porteur ne donnera aucun chiot atteint, alors qu'un accouplement entre deux porteurs expose la portée.
Le test ADN se fait à partir d'un prélèvement simple, souvent buccal ou sanguin, envoyé à un laboratoire. Le résultat s'exprime par les trois statuts ci-dessus. Il ne remplace pas l'examen ophtalmologique : un chien peut être génétiquement porteur et présenter des lésions visibles, ou l'inverse. Les deux informations se lisent ensemble.
Les gènes modificateurs compliquent la lecture. D'autres gènes influencent l'expression de la maladie, ce qui explique qu'un chien atteint puisse voir correctement toute sa vie, tandis qu'un autre, au statut identique, développe des troubles plus marqués. Les stratégies de sélection des éleveurs tiennent compte de cette variabilité, des données de prévalence par race et des exigences des clubs de race, qui varient selon les pays.
Comment accompagner un chien qui voit mal ?
Un chien qui perd progressivement la vue s'adapte mieux qu'on ne le croit, à condition de ne pas bouleverser son environnement. Les repères fixes sont la base : gamelles, panier et sorties toujours au même endroit. Déplacer un meuble sans prévenir peut provoquer une collision et une perte de confiance.
Pour les déplacements, une laisse courte et une voix calme suffisent. On évite de porter le chien sans raison : il perd ses repères au sol. À la maison, on sécurise les escaliers, on ferme les portes qui donnent sur l'extérieur et on laisse une lumière douce allumée la nuit, car beaucoup de chiens malvoyants se repèrent encore aux contrastes.
Les chiens de sport ou de travail demandent un aménagement plus précis. Certaines disciplines restent accessibles, d'autres non. L'important est d'observer ce que le chien fait sans forcer, et de consulter un vétérinaire comportementaliste si l'anxiété s'installe. La nutrition et le poids comptent aussi : un chien en surpoids se déplace moins bien et fatigue plus vite.
Sur le plan médical, il n'existe pas de traitement qui restaure la choroïde manquante. La chirurgie concerne certains décollements de rétine, pas l'hypoplasie choroïdienne elle-même. Le suivi ophtalmologique régulier permet de détecter une évolution, notamment un décollement, et d'agir si c'est possible. Beaucoup d'idées reçues circulent sur l'évolution de la maladie : mieux vaut se fier à l'examen clinique qu'aux témoignages isolés.
Ce qu'il faut retenir pour un propriétaire
Trois points structurent la prise en charge. D'abord, le dépistage ophtalmologique : il se fait tôt, puis se contrôle, car la lecture d'un fond d'œil change avec l'âge du chien. Ensuite, le statut génétique des parents : demandez les résultats des tests ADN avant de choisir un chiot, et lisez-les avec l'examen oculaire, pas à sa place. Enfin, la vie quotidienne : des repères stables, une voix calme et un suivi vétérinaire suffisent souvent à maintenir une bonne qualité de vie, même chez un chien qui voit mal.
Pour les races concernées, la liste est large : colley, border collie, berger australien, shetland, lancashire heeler, toller et certains croisements. La prévalence varie selon les lignées et les pays, ce qui rend les données internationales utiles mais jamais transposables telles quelles à un élevage précis. Un éleveur sérieux connaît le statut de ses reproducteurs et le communique. Un propriétaire qui pose la question obtient une réponse claire, ou change d'interlocuteur.
L'anomalie de l'œil du colley n'est pas la seule atteinte héréditaire de la vue chez le chien de berger. D'autres maladies oculaires héréditaires touchent ces races, avec des mécanismes et des modes de transmission distincts. L'atrophie progressive de la rétine en fait partie : elle détruit progressivement les photorécepteurs, sans douleur, et la vision baisse par étapes, souvent de nuit d'abord. Un dépistage ADN permet d'identifier les chiens porteurs avant toute reproduction, et la lecture d'un certificat demande de vérifier la race, le laboratoire et le résultat. Pour comprendre ces maladies et le quotidien d'un chien malvoyant, consultez notre page sur la dégénérescence rétinienne.